Lorsque l’on fait allusion à une comète, la plus célèbre étant la comète de Halley, on associe souvent l’image de la longue  « chevelure » ou « crinière » suivant une structure solide qui se déplace dans l’espace. Cependant, il faut savoir que cette « crinière » n’est pas toujours présente et qu’elle apparaît lorsque la comète s’approche un peu trop près du Soleil. Elle est formée de gaz ionisé et de poussière qui se sont vaporisés sous l’effet de la chaleur de l’étoile. Mais saviez-vous qu’il était possible d’observer pareille « chevelure » autour d’une planète? C’est la découverte étonnante que viennent de faire les chercheurs de l’observatoire de l’Université de Genève en Suisse. Les résultats de cette observation ont été publiés dans le magazine Nature. Lors d’une observation de l’étoile Gliese 436 à l’aide du télescope Hubble, ces derniers ont aperçu, en orbite autour de l’étoile, une planète de la taille de Neptune, soit environ 4 fois le diamètre de la Terre. Gliese 436 est une « naine rouge » située dans la constellation du Lion, à un peu plus de 30 années-lumière de notre Terre. Autour de cette dernière, orbite une planète, baptisée GJ 436b, à la surface de laquelle vous ne souhaiteriez pas passer un séjour, aussi bref soit-il. En effet, GJ 436b est si proche de son étoile que son atmosphère est en perpétuelle ébullition. GJ 436b n’est qu’à 3,2 millions de km de son étoile, soit 46 fois plus proche que la Terre ne l’est du Soleil ou même 13 fois plus proche que Mercure. De ce fait, alors que notre planète met un peu plus de 365 jours à faire le tour de son étoile, GJ 436b effectue, elle, sa révolution en 2,6 jours à peine ! Les astronomes étudiant la planète ont donc pointé Hubble vers Gliese 436 et attendu que la planète GJ 436b s’invite dans le champ du télescope. Alors qu’ils s’attendaient à voir passer une tête d’épingle devant une la source lumineuse, les chercheurs qui filmaient la scène dans le spectre ultraviolet ont soudain vu passer dans le champ un monstrueux nuage 50 fois plus grand que l’étoile. Cette vidéo permet de mieux visualiser le phénomène : « Un tel phénomène n’avait jamais été observé autour d’une exoplanète aussi petite », assure la NASA, précisant qu’il existe d’autres planètes qui, bien qu’elles soient soumises à un rayonnement beaucoup plus important que celui qui parvient à GJ 436b, ne dégagent pas une telle chevelure. Ceci s’expliquerait par le fait que Gliese 436 serait suffisamment chaude pour vaporiser les couches supérieures de la croûte de GJ 436b, mais son rayonnement n’est pas assez puissant pour balayer vers l’espace cette chevelure de gaz et de particules. Ainsi, les forces de gravité maintiennent la plus grosse partie du nuage autour de la planète. D’après les astronomes, GJ 436b dissiperait ainsi 1 100 tonnes de gaz par an dans l’espace sous l’effet du rayonnement de son étoile. Un taux qui s’est ralenti puisque l’équipe estime que, durant sa jeunesse (quelques milliards d’années), les radiations émises par cette étoile étaient beaucoup plus importantes. La planète GJ 436b (dont l’âge est estimé entre 6 et 12 milliards d’années) aurait alors pu perdre 10% de son atmosphère durant cette période. Cette découverte fournit à l’équipe un scénario permettant d’expliquer l’état de certaines « super-Terres »: des planètes dépourvues de toute atmosphère dont les couches externes ont disparu et dont il ne subsiste plus qu’un immense noyau rocheux.

Laisser un commentaire

Votre adresse de courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *