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Chaque année, il y a un évènement scientifique particulier qui se démarque et est nommé « la découverte de l’année ».En 2014, la très réputée revue Science, en plus de révéler sa découverte scientifique de l’année,  a fait un palmarès des 9 finalistes des réalisations scientifiques les plus marquantes de 2014.  Ces réalisations n’auront peut-être pas des impacts à court terme dans notre quotidien mais elles ouvrent la porte à des avancées ou des espoirs plus importants. Les positions #10 à #8 présentaient la création de la coopération entre robots sans assistance humaine, la découverte de l’origine des oiseaux et un moyen de ralentir le vieillissement. Aux positions #7 à #5 on retrouvait la création de puces électroniques neuromorphiques, la production de cellules pouvant guérir le diabète et une datation importante qui modifie ce qu’on croyait connaître de l’art rupestre. À la fin de l’article, vous trouverez une vidéo présentant brièvement les 10 découvertes de l’année. Voici donc, selon la revue Science, les 4 évènements scientifiques qui ont le plus marqué l’année 2014:

POSITION 4: MANIPULATION DES SOUVENIRS La mémoire est vraisemblablement malléable. Nos souvenirs s’estompent et prennent de nouvelles significations; parfois nous nous souvenons de choses qui ne se sont jamais produites. Mais tout ce qui se passe dans notre cerveau pour remodeler nos souvenirs demeure mystérieux. Récemment, cependant, des scientifiques ont commencé à décoder er manipuler les bases physiques de la mémoire. L’année dernière, les chercheurs ont découvert des façons de manipuler des souvenirs spécifiques chez la souris en utilisant l’optogénétique, une technique puissante qui peut stimuler les cellules nerveuses dans le cerveau des animaux en les criblant des faisceaux de lumière laser. Dans une série d’expériences, ils ont montré qu’ils pouvaient supprimer des souvenirs existants et en créer de nouveaux, totalement faux. Les chercheurs sont même allés plus loin: transformer le contenu émotionnel d’un souvenir désagréable en souvenir agréable chez une souris et vice versa. Sous le laser, par exemple, des souris mâles qui avaient autrefois associés une certaine chambre avec un traumatisme effrayant ont été trompés et agissaient comme s’ils avaient rencontré une souris femelle amicale dans cette chambre. Il est probable que les avancées thérapeutiques visant à traiter les troubles invasifs de la mémoire, tels que le trouble de stress post-traumatique, soient encore loin. Une chose est certaine cependant. Autrefois considérée comme impénétrable, la mémoire commence enfin à dévoiler ses secrets.

POSITION 3: UN CODE GÉNÉTIQUE ÉLARGI Partout sur Terre, le code génétique au cœur des êtres vivants se compose des quatre mêmes nucléotides (lettres génétiques). Partout, sauf dans une fiole de bactéries Escherichia coli sur un banc de laboratoire dans le sud de la Californie. Dans cette fiole, des bactéries ont été conçues pour intégrer deux lettres supplémentaires dans leur alphabet génétique. En plus des nucléotides naturels, dans lesquels le G s’apparie le C et le A avec le T, le nouvel ADN bactérien comprend une nouvelle paire : le X et le Y. Les chercheurs à travers le monde avaient déjà mis au point plusieurs paires de nucléotides «contre nature» qui, dans l’éprouvette, pouvaient s’intégrer au sein de la double hélice de l’ADN. Ils ont également réussi à obtenir la molécule pour répliquer l’ADN, une enzyme appelée ADN polymérase, qui intégrait certains de ces nouveaux couples. Mais personne n’avait jamais fait tout cela à l’intérieur d’organismes vivants jusqu’à cette année. Pour l’instant, les nouvelles lettres dans l’ADN de E. coli ne codent pas pour rien, mais en principe, les chercheurs ont déjà utilisé astuces génétiques pour produire de nouvelles protéines avec l’ADN naturel. L’ajout de la nouvelle combinaison XY devrait rendre le processus beaucoup plus facile. Cela pourrait être une aubaine pour les fabricants de médicaments ou autre molécule biochimique. Finalement, le code génétique élargi pourrait également servir une quête plus académique, permettant aux chercheurs de tester si les bactéries dotées de l’excès de lettres pourraient évoluer vers de nouvelles compétences qui n’existent pas dans leurs parents sauvages. Pourrait-on se retrouver dans un scénario de film de science-fiction en créant des créatures avec de nouveaux pouvoirs ? Les chercheurs disent qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Puisque les lettres d’ADN artificiel n’existent pas en dehors du laboratoire, des évadés bactériens ne seraient pas en mesure de reproduire leurs instructions génétiques élargies artificiellement et de les transmettre à leur progéniture.

POSITION 2: LA POPULARITÉ DES CUBESATS Il y a dix ans, les CubeSats étaient des outils éducatifs, juste un moyen pour les étudiants de l’université de placer un simple petit satellite dans l’espace. Or, ces boîtes de 10 centimètres, construites avec une technologie très simple et coûtant des centaines de milliers de dollars plutôt que des centaines de millions, ont pris leur envol. Plus de 75 ont été lancées cette année, un record. Qui plus est, les petites boîtes commencent à faire de la réelle science. Les CubeSats peuvent s’accrocher sur les fusées commerciales ou publiques transportant de plus grand vaisseau spatial, ou ils peuvent être tout simplement poussés à la porte de la Station Spatiale Internationale. L’efficacité des lancements rapides est encourageant et provoque quelque chose de jamais vu dans l’étude de l’espace: la prise de risque. Les concepteurs peuvent tolérer un échec ou deux et rapidement revenir dans le jeu. Comme la technologie progresse, ils peuvent aussi évoluer dans des conditions de plus en plus favorables, par exemple pour l’utilisation de l’énergie solaire (batteries, panneaux ou processeurs). De plus, des entreprises telles que Planète Labs, surveillent la Terre avec un essaim de CubeSats perpétuellement remplacés. Leurs petits télescopes peuvent prendre des photos avec une résolution relativement faible mais à intervalles fréquents. Même si les agences d’espionnage n’y voient aucun intérêt, les données de Planet Labs peuvent être très utiles pour surveiller la déforestation, le développement urbain ou les modifications d’une rivière. Prochainement, des CubeSats qui communiquent entre eux les différentes mesures récoltées. Entre autres choses, ces constellations de CubeSats seront en mesure de couvrir une plus grande surface, plus rapidement, ou de surveiller la surface de la Terre dans plusieurs longueurs d’onde à la fois.

POSITION 1: EXPLORATION D’UN AUTRE « MONDE » La percée scientifique qui a capturé l’imagination du public cette année est la petite sonde Philae. La première image de cette petite chose frêle à trois pattes, entourée de l’immensité obscure de l’espace, tombant vers une comète presque aussi noir. Le petit vaisseau survivra-t-il à sa descente vers 67P / Churyumov-Gerasimenko? Une série de photos durement acquises, puis transmises sur terre depuis un site situé au-delà de la planète Mars, sont arrivées. Une révèle une surface poussiéreuse où Philae a initialement a touché le sol. L’atterrisseur, équipé de harpons, n’a cependant pas réussi à s’agripper dans la croûte étonnamment dure de la comète, et a rebondi quelques fois sous la très faible gravité. Puis vinrent quelques images inquiétantes. Philae est parvenu à se poser sur le côté, loin de son point d’atterrissage prévu, dans l’ombre d’une falaise. Les comètes, qui sont des blocs de poussière condensée contenant de la glace et des molécules organiques, ne contiennent pas de roches en soi. Néanmoins, Philae a été pris dans un endroit dur, à côté de quelque chose qui ressemblait beaucoup à un rocher. Avec trop peu de soleil pour recharger ses batteries, l’atterrisseur a eu court 57 heures pour recueillir des données avant son expiration. Quel que soit les données que Philae a réussi à envoyer vers la terre, elles demeureront importantes, notamment parce que 67P / Churyumov-Gerasimenko est seulement le septième endroit au-delà de la Terre exploré par un atterrisseur. (Vénus, Mars, la lune, la lune de Saturne, Titan, et deux astéroïdes sont les autres.) Pourtant, l’importance de l’atterrissage était largement émotionnelle et symbolique. En fait, les responsables de la mission ont suggéré que 80% des infromations scientifiques de la mission proviendrait du navire-mère de Philae, Rosetta, qui a atteint la comète en août dernier après 10 ans de voyage et orbite autour d’elle depuis à parfois moins de 10 km de celle-ci. Cette réalisation plus large et la valeur de l’information qui sera recueillie sont ce que la revue Science célèbre comme étant l’exploit scientifique de l’année 2014. La video ci-dessous présente les 10 évènements finalistes mais pas dans l’ordre final. Pour connaître les positions #10 à #8 cliquez ici Pour connaître les positions #7 à #5 cliquez ici

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