L’ili pika, petit mammifère mystérieux aurait, paraît-il, inspiré les créateurs de Pikachu vedette des Pokemons, créatures fantastiques populaires auprès des jeunes des années ’90 et 2000. Comme Pikachu, l’ili pika n’a pu être observé que sur photos ou vidéos au cours des 20 dernières années. En effet, découvert en 1983, un peu par hasard par le scientifique chinois Weidong Li alors qu’il explorait la montagne Jilimalale dans le cadre de recherches sur les maladies infectieuses et les ressources naturelles, l’ili pika (Ochotona iliensis) est demeuré invisible depuis une vingtaine d’années. C’est probablement l’un des petits mammifères les plus rares au monde mais les scientifiques ont finalement réussi à le retrouver. Début 2014, une équipe de l’Institut Xijiang pour l’Ecologie et la Géographie s’est lancée sur les traces du petit animal. Et il leur aura fallu beaucoup de patience et de détermination pour mettre la main dessus. C’est finalement le 9 juin 2014 que les scientifiques menés par Weidong Li ont réussi à atteindre leur objectif en photographiant un spécimen. Ce dernier se cachait dans les montagnes Tianshan au nord-ouest de la Chine, dont le petit mammifère est endémique. Depuis sa découverte eu 1983, il n’a été observé que 29 fois avant de « disparaître » complètement pour une vingtaine d’années. Ce n’est pas faute d’essayer car plusieurs expéditions scientifiques ont été organisées pour en connaître davantage sur son mode de vie et ses habitudes alimentaires, mais en vain. L’espèce est ainsi restée loin des caméras pendant plus de vingt ans avant que les chercheurs ne retrouvent sa trace l’année dernière.

La rareté de l’animal a poussé les spécialistes à classer l’espèce comme en danger d’extinction, émettant l’hypothèse que sa population avait diminué de manière drastique. Dans les années 1990, une étude avait estimé qu’il restait environ 2 000 spécimens dans les montagnes chinoises. Mais il est aujourd’hui difficile d’évaluer la taille de la population. L’Ili Pika fait environ 20 centimètres, toute en longueur et a de grandes oreilles. Il avait aussi des petits points bruns sur sa fourrure. Vivant dans les hautes altitudes, à plus de 2 800 mètres, et se nourrissant d’herbes poussant sur les sommets, il est très vulnérable aux changements environnementaux. Les glaciers des montagnes Tianshan ayant tendance à fondre en raison du réchauffement climatique, le rongeur a dû trouver refuge plus en altitude, finissant par élire domicile sur des sommets situés à quelque 4 100 mètres. Mais le réchauffement climatique n’est pas la seule menace qui plane sur l’espèce, d’après Weidong Li. Certaines maladies ou la pollution de l’air pourraient également être à l’origine de son déclin. Selon le chercheur, il resterait moins d’un millier de ces petits mammifères dans les montagnes chinoises. Bien qu’il soit reconnu comme menacé, aucun effort n’a encore été mis en place pour tenter de le protéger dans son milieu naturel. Weidong Li espère ainsi que cette redécouverte va inciter à mener des recherches pour en connaitre plus sur l’animal et pour établir des zones de conservation destinées à maintenir l’espèce.

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