La hausse du nombre de divorces passé l’âge de la cinquantaine ainsi que les médicaments permettant de combattre l’impotence (Viagra, Cialis) fait en sorte que plusieurs personnes âgées demeurent sexuellement actives.  

Ce nouveau phénomène apporte toutefois quelques problèmes. En effet, on observe un manque de précaution de la part des personnes âgées envers les infections transmises sexuellement (ITS). Il faudrait de ce fait sensibiliser ce groupe aux dangers auxquels il fait face.  

La sensibilisation des personnes âgées au port du condom s’impose. Au Canada, on observe une grande hausse du nombre de plusieurs ITS (chlamydia, gonorrhée, syphilis) chez les personnes de 60 ans et plus, et ce, depuis le début des années 2000. 

De 2005 à 2015, le nombre de cas de syphilis à augmenter de 5 % (de 359 à 526 cas), le nombre de cas de chlamydia de 142 % (de 148 à 507 cas) et le nombre de cas de gonorrhée de 87 % (102 à 267 cas). Cette hausse est aussi observable en ce qui concerne le VIH. Parmi, les 501 nouveaux cas recensés en 2015 , 23,9 % étaient des personnes âgées de 50 ans et plus et 7,5 % des personnes âgées de 60 ans et plus.  

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Ces importantes hausses font en sorte que la société doit maintenant percevoir les personnes âgées comme des humains sexuellement actifs et trouver des solutions aux problèmes de hausse de cas d’ITS parmi ce groupe d’âge. 

Trop peu de personnes osent parler de la vie sexuelle de leurs proches plus âgés. Le tabou entourant le sujet peut même persister jusque dans le bureau du médecin. Les professionnels de la santé peuvent ne pas poser des questions à leur patient plus âgé concernant leur vie sexuelle et peuvent aussi ne pas penser leur faire passer des tests de dépistage d’ITS. 

Les personnes âgées doivent aussi d’elles-mêmes s’éduquer quant à leurs relations, activités et sécurité sexuelles. 

Barbara Clement, gestionnaire du programme des infections transmises sexuellement et par le sang (SBBI) à York Region Public Health, indique que le problème le plus persistant est le fait de ne pas porter de condom. Bien que les raisons de manque de considération du condom ne soient pas encore totalement identifiées, Mme Clement insiste sur l’importance des autres solutions qu’il est possible de mettre en œuvre afin de diminuer les taux d’infection.

Selon elle, les professionnels de la médecine et leurs patients devraient connaître la fréquence à laquelle un test d’IST doit être fait. La promotion de dépistage et la promotion d’auto-identification des risques auxquels les gens font face seraient également d’excellentes façons d’arrêter la forte croissance d’ITS. Une campagne de sensibilisation et un examen de dépistage offert à l’admission dans les maisons de retraite sont également des méthodes de prévention envisageables.

Au Canada, de plus en plus de ressources se développent autour de ce problème. L’Agence de la Santé publique du Canada offre un document-ressource sur la prévention de la transmission des ITSS parmi les personnes âgées de 50 ans et plus et répond aux questions les plus demandées. De l’aide est offerte aux organisations communautaires, aux professionnels de la santé, aux éducateurs et autres instances et programmes de prévention et d’intervention des ITSS qui souhaitent subvenir aux besoins des personnes de ce groupe d’âge.

Le plus important demeure de combattre le tabou entourant le sexe et les personnes âgées. En parlant haut et fort de ce problème, il sera possible de prendre en considération son ampleur et de veiller à ce que ces personnes ne soient plus victimes de ces ITS. 

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