Une américaine de 16 ans est décédée il y a quelques jours d’une crise cardiaque alors qu’elle visitait une maison de l’horreur dans un parc d’attraction de l’Ohio aux États-Unis. L’adolescente n’était pas en parfaite santé : elle vivait avec un poumon en moins et avait des problèmes respiratoires depuis sa naissance. De plus, lors de l’autopsie, les médecins légistes ont découvert qu’elle souffrait aussi d’une malformation cardiaque appelée « hernie diaphragmatique ». « Son cœur avait quadruplé de volume », selon les experts médicaux. La hernie diaphragmatique se définit par l’absence de développement de tout ou partie du diaphragme entrainant la compression des poumons. Il s’agit d’une malformation relativement rare, avec une prévalence de 1 à 5/10 000 naissances. Malgré une mort déclarée naturelle après autopsie, une question subsiste : cette adolescente est-elle décédée à cause de son anomalie au cœur ou est-elle en quelque sorte morte de peur ? « Il n’y a aucun moyen de le savoir », a répondu l’enquêteur Doyle Burke. Doit-on conclure de cette réponse qu’il est effectivement possible de mourir de peur? « En effet, une émotion très violente peut contribuer au déclenchement de certains troubles du rythme cardiaque graves voire mortels », confirme le Pr Philippe Gabriel Steg, cardiologue de l’hôpital Bichat de Paris. Mais cela ne se traduit pas souvent par un infarctus du myocarde, mais directement par des troubles du rythme cardiaque. » L’infarctus du myocarde, ou crise cardiaque, est déclenché par l’obstruction d’une artère qui alimente le cœur en sang et donc en oxygène. Privées d’oxygène, les cellules musculaires du cœur meurent rapidement sur une zone plus ou moins étendue. Cela entraîne des problèmes de contraction du muscle cardiaque. La seule solution est de déboucher l’artère le plus rapidement possible après le début des symptômes. « Par ailleurs, ajoute le Pr Philippe Gabriel Steg, il existe aussi le syndrome du takotsubo, décrit par des médecins japonais, où une émotion violente entraîne une anomalie parfois majeure de la contraction cardiaque, et certains décès seraient reliés à ce syndrome. » Ce syndrome a été initialement décrit dans la population japonaise, mais il a récemment été rapporté en Europe et aux États-Unis. Il survient le plus souvent après la ménopause chez des femmes âgées de 55 à 75 ans, avec une incidence estimée à 1/36 000 dans la population générale. Par contre, si la victime survit à la période aigüe, elle récupère généralement l’intégralité de toutes ses fonctions », précise le cardiologue.

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